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Ce qui frappe chez Mambo, après le calvaire qu'il a vécu, c'est son inaltérable confiance en l'humain.
On l'appelle, il vient en frétillant d'un bout de queue où sur la peau brûlée le poil n'a pas repoussé, il blottit son museau dans les mains amies, il se laisse câliner, il offre sa tête aux caresses et son affection.
C'est, d'ailleurs, son caractère affable qui a permis à ses tortionnaires de passer à l'acte, ce qui est encore plus odieux si faire se peut.
En effet, abandonné, traînant depuis quelques jours dans les rues d'Espira-de-l'Agly, le joli petit chien
marron mâtiné de pinscher était en manque d'affection.
Pas d'euthanasie mais...
Il est pris en charge par le vétérinaire présent, anesthésié, ses blessures nettoyées et pansées.
Le lendemain, c'est Florence Collignon, également vétérinaire du refuge SPA qui va le soigner, et qui va le mener jusqu'à la guérison dont il n'est plus loin. "Il avait des brûlures sur 30 % du corps, d'abord les cuisses, puis on a vu que la peau du ventre et les oreilles étaient atteintes aussi", se souvient Florence Collignon.
"Quand il s'est réveillé, nous l'avons mis sous perfusion avec de l'Acupan, un antidouleur pour les humains. Il a mangé un peu de nourriture spéciale, il avait le regard qui disait qu'il voulait vivre, alors nous ne l'avons pas euthanasié. Une bénévole a passé plusieurs nuits ici avec lui, pour surveiller la perfusion. C'est quelques jours plus tard, quand il hurlait entre chaque piqûre de morphine, quand nous craignions que les reins ne soient atteints, c'est là que nous nous sommes posé la question de l'euthanasie. Nous ne voulions pas qu'il souffre pour rien", poursuit encore la vétérinaire.
Mais Mambo, la douleur calmée, reprenait courage et manifestait ce désir de vie qui le caractérise, son besoin d'affection à recevoir et à donner.
Petit à petit, il a commencé à aller mieux.
Aujourd'hui, il est toujours hospitalisé au cabinet de Dr Vaucouloux où Florence Collignon va le soigner ; mais il ne nécessite plus d'anesthésie avant les soins.
Vers son nouveau foyer
Mambo adore que Florence Collignon ou Sylvie Zaffra, responsable de la SPA, le prennent dans leurs bras mais, de son regard extraordinairement expressif, il jette des oeillades méfiantes vers la table de soins.
Dès qu'on le relâche, il court dans son coin, son coussin, sa gamelle.
On lui met une collerette car il lèche la peau en train de se reconstituer, et qui le démange ; mais il n'aime pas la collerette, alors il boude. Un peu. Pas longtemps.
Il suffit d'une caresse et Mambo se lève, s'approche, lèche la main qui le câline, est prêt à jouer.
Mambo est en convalescence ; il y a encore de petites interventions à pratiquer sur une patte, une bride qui s'est formée et l'empêche de bien poser le pied.
Mais, dès que ces soins auront été effectués, Mambo rejoindra son vrai foyer. Celui où il est déjà attendu, la maison de Dany Goizet et de son mari qui l'a sauvé.
Mambo gardera des fragilités, des cicatrices, des plaques de poils ne repousseront jamais, mais l'affection dont il a été entouré au refuge a entretenu sa joie de vivre et ses maîtres aimants feront de lui un chien heureux.
Quelque part, un miraculé.
Et un emblème malgré lui : celui de l'intolérable cruauté humaine envers les animaux et de la complicité par indifférence.