PAR ALEXIS CONSTANT
region@lavoixdunord.fr PHOTO JEAN-PIERRE BRUNET
L'été dernier, Max Crochet, le dresseur qu'on s'arrache sur les plateaux de cinéma, jetait son dévolu sur Rexpoëde, posait ses cages, exhibant fièrement son savoir-faire et sa ménagerie. Il se donnait un an pour ouvrir un parc animalier ambitieux. Aujourd'hui, le projet a pris du plomb dans l'aile.
Max Crochet n'est pas au tapis, mais la justice lui a infligé quelques coups de patte. Elle a d'abord montré les crocs en plaçant le dresseur en garde à vue, il y a une dizaine de jours, alors qu'il continuait à exhiber ses animaux devant le public, malgré une absence de certificat de capacité qui lui était notifiée pour certaines espèces.
Second coup de griffe des autorités, mardi, avec la saisie de deux kangourous et d'un guépard, sur réquisition du procureur, là encore, pour une carence administrative.
Deux plaintes provenant de stagiaires qui ont déboursé environ 4 000 E sans avoir reçu, estiment-ils, la formation escomptée, ont été enregistrées.
Une plainte d'association de parents d'élèves qui a versé de l'argent sans avoir bénéficié de l'animation, vient nourrir le clan des insatisfaits.
Enfin, l'inspection du travail a commencé à mettre son nez dans les affaires associatives du dresseur, flairant des infractions relatives au travail dissimulé. Ce qui reste à prouver. L'avocat de Max Crochet dénonce une cabale, « une volonté de le détruire, car toutes ses autorisations sont en règle ». Et de renvoyer la responsabilité de demande d'ouverture d'établissement au public qui fait défaut, à l'association Animalia production, bailleur et gestionnaire du parc. Pour des raisons obscures, entre le dresseur et Animalia production, on se r egarde en chiens de faïence.
Le projet, bloqué, prend le chemin d'un rêve jamais accompli qui se répète : avant l'aventure rexpoëdoise, le dresseur avait remballé précipitamment ses cages en Touraine, déposant le bilan. •