Cher lecteurs, vu les nombreux témoignages reçus (tous supports confondus) pour mon dernier article concernant mes conditions de travail au Refuge, je vais tenter de vous donner mon point de vue sur la situation.
D’après vos témoignages, le problème semble être récurent dans bon nombre d’associations, et malheureusement pas que dans la PA, puisque je reçois également des messages d’associations pour la protection du travail et bien d’autres où les salariés sont dans des situations similaires.
Comme bon nombre de Refuges, celui pour lequel je travaille est une association gérée par « Un Bureau ».
Le bureau est composé de bénévoles, qui gèrent et donnent les directives à suivre au personnel; pour la suite de l’article, je les appellerai les BMB (Bénévoles Membres du Bureau)
Le problème principal étant de ne pas devenir la « tête de turc » (comme dans mon cas) de l’un des BMB (il ne faut surtout pas déplaire sinon…)
Nous avons aussi un assez grand nombre de Bénévoles Sympathisants qui viennent sortir les chiens : les BS.
Puis il y a les salariés (dont je suis, 26 heures chacun) en contrat d’esclavage
Oh ! pardon ! en "contrat aidé", qui doivent appliquer les décisions prises par les BMB, sans concertation préalable, ce qui me place dans la situation aberrante que vous connaissez.
Je vous ai raconté que je lave les boxes à l’aide d’arrosoirs alors que jusqu'à il y a 2 mois je le faisais avec un tuyau d’arrosage.
Cela me permettait de nettoyer correctement les murs et les dessous de niches.
Quand un animal était malade, je pouvais envoyer le tout directement dans les égouts sans être obligé comme maintenant de tenter de ramasser avec une simple pelle et une truelle.
Seulement voilà, le budget pour la consommation d’eau était trop élevé, j’ai donc proposé de n’utiliser le tuyau que 2 jours par semaine et de faire le reste à l’arrosoir.
Il y a à peu près 2 mois, le tuyau a tout simplement été placé sous clé (au cas où j’irais le chercher en cachette).
Je ne peux donc plus faire mon travail correctement et, ce que je trouve totalement aberrant, c’est que depuis, les urines et les autres déjections présentes sur les murs ou le dessous des niches n’est pratiquement plus nettoyé.
Mon collègue doit, malheureusement pour lui, faire face aux critiques des BS et leur laisse à penser que je ne fais pas correctement mon boulot.
Une fois par semaine je dois nettoyer les collecteurs d’égouts qui sont régulièrement bouchés par les poils et autres déchets qui s’amassent.
Pour cela je dispose d’un seau fendu depuis la dernière tempête, d’une truelle et d’une gamelle pour chien.
Je suis donc obligé d’écoper l’eau avec la gamelle, et de racler les « restes » à l’aide de la truelle.
Pour y parvenir, je suis parfois obligé d’y enfoncer le bras jusqu'à l’épaule.
An niveau des germes je me demande si c’est vraiment très sain, ceci est un travail vraiment écœurant.
Il me semble normal qu’une association fasse des économies, mais doit elle pour autant le faire au détriment de leurs employés et pire encore, au détriment de leurs missions ?
Il est vrai que cela donne l’impression que seul l’argent compte aux yeux des administrateurs au détriment des valeurs morales et sociales.
Je ne parviens toujours pas à comprendre ce qui a pu vexer les BMB dans mes articles, qui ne visent qu’à humaniser les Refuges.
A leur demande j’ai retiré les photos des animaux du Refuge qui illustraient mes propos, ceci sous prétexte du «droit à l’image».
Pourtant, il ne m’a rien été demandé pour l’installation des caméras de surveillance alors qu’on peut m’y voir dans des moments que je trouve plus que dégradant pour mon image.
Aucun de mes textes ou de mes propos ne font directement références à mon lieu géographique de travail.
Il paraîtrait que mes articles manquent de respect au « Code de Déontologie Vétérinaire ».
Si il y a, comme je le pense, des vétérinaires qui lisent mes rubriques : j’attends vos commentaires, mais avant de répondre n’oubliez pas que je ne suis qu’un simple salarié et que je ne fais pas partie de votre corporation.
Dans la situation actuelle, mes lecteurs comprendront facilement pourquoi je pense ne plus rien avoir à apprendre de ce Refuge et que je manque d’inspiration pour mes articles.
Le nettoyage en lui même ne me dérange pas, tant que je peux participer aux soins et surtout que je peux aider à sauver des animaux.
En d’autres termes continuer à apprendre…
Je ne supporte plus de me coucher tous les soirs en me demandant si je ne suis pas devenu complice de ce que je considère comme une forme de maltraitance (d’où mon traitement pour dépression).
Je ne comprends pas comment des personnes qui ne sont présentes pratiquement que 6 heures par semaine (sauf pendant les vacances scolaires) peuvent prétendre mieux connaître les animaux du Refuge que les employé(e)s qui eux, y passent 26 heures voir plus ???
Le professionnalisme caractérise la qualité du travail de quelqu'un ayant de l'expérience.
Je pense qu’à partir du moment où l'on emploie une personne, cela veut dire qu’on le considère comme un professionnel capable d’effectuer les tâches pour lesquelles on le paie.
Je me demande pourquoi les associations peuvent se permettre de bafouer les fondements du «droit du travail » dans l’ignorance totale du public.
Tout salarié a le droit au respect !
Je pense que la solidarité est le ciment de toute bonne association !!!
Suis- je vraiment coupable de divulguer des informations sur des conditions de travail plus que discutable ?
A bientôt 39 ans, n’ais-je pas le droit d’avoir plus d’ambition que d’être «Valet De Caca» comme on dit dans notre jargon ? (je me renseigne pour suivre une formation d’Assistant Vétérinaire)
A bientôt en espérant pouvoir à nouveau vous donner des nouvelles du Refuge, j’aimerais tellement pouvoir enfin vous parler des animaux et non pas de mes conditions de travail…
Mais c’est cela aussi la vie d’un Refuge.
Léchouilles à vous.