
Malheureusement, les albinos sont recherchés pour les sacrifices humains, prometteurs en termes d’enrichissement ou d’élévation sociale. « Au moment des compétitions électorales, les albinos sont convoités par les candidats. Pendant cette période nous devons rester chez nous », indique Fédéré Sanon. « Les albinos ne sont plus perçus comme des êtres humains mais comme des objets sacrificiels convoités pour leurs têtes ou pour leurs appareils génitaux, les parties du corps les plus puissantes », ajoute-t-il.
C’est au niveau du corps social que les répercussions sont les plus influentes et les plus fréquentes. Même si cette pratique a tendance à devenir de moins en moins courante, les albinos peuvent être rejetés à leur naissance. « Quand je suis né, mon père ne voulait pas de moi, heureusement le reste de ma famille l’a convaincu de me garder pensant que j’étais une bénédiction », explique Anguy Bajikila Mudimba, le président d’Albinos sans frontières (ASF) en République démocratique du Congo. Souvent, perçus comme un mauvais présage, ils vivent reclus. « Je ne suis presque jamais sortie de chez moi, par peur que l’on me fasse du mal », affirme la burkinabé Korotimi Traoré. Les croyances mènent la vie dure aux albinos. Même en France, ils sont encore victimes de rejet. « Les Africains me regardent bizarrement, ils me toisent. Ils ont peur de moi », confie Mme Traoré. Je suis partie du Burkina Faso pour échapper aux croyances mais elles me poursuivent jusqu’en France », confie-t-elle.
Le rôle des associations en Afrique
« Les superstitutions tendent à diminuer en Afrique car les gens sont moins ignorants et commencent à considérer l’albinisme comme une maladie », explique Fabéré Sabon, le responsable d’ANIPA. « Les associations ont très peu de moyens pourtant le continent est l’un des plus touchés par cette infection », ajoute-t-il. Grâce à des campagnes de sensibilisation dans les villages, les albinos sont de moins en moins perçus comme des êtres à part. Un bon espoir pour les malades qui souhaitent à présent que les gouvernements soient plus attentifs aux problèmes de santé liés à l’albinisme.
[1] les pays les plus touchés en Afrique sont le Mali et le Cameroun