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  • «Sauver un animal ne changera pas le monde. Mais pour cet animal, le monde changera pour toujours.» 
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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 15:17

Objet d’étude dès l’Antiquité, l’animal fut traité avec plus ou moins de respect par les scientifiques expérimentateurs.

S’il est difficile de dater les premières expérimentations animales, on sait que, dès le Ve  siècle avant J.-C., « Hippocrate avait pensé expérimenter sur le poulet pour étudier le développement embryonnaire ; mais il ne le fit pas »,  explique Jean-Louis Fischer, historien des sciences au Centre Alexandre-Koyré (CNRS-MNHN).

 

Un pas franchi par Galien au IIe  s. après J.-C., qui procédera aux premières « dissections d’animaux morts », lui permettant par exemple de démontrer que les artères contiennent du sang et non de l’air.

Bien plus tard, au XVIIIe , vinrent les expériences du chimiste Réaumur, qui disséqua des invertébrés (mollusques, crustacés, insectes) et des oiseaux.

 

À cette époque, de grands progrès furent faits en physiologie grâce au jésuite Lazzaro Spallanzani : à l’université de Pavie, il étudia la digestion, la reproduction des batraciens, réalisa les premières fécondations artificielles (1777) et s’occupa de la circulation sanguine et de la respiration. Au XIXe , Laurent Chabry se pencha sur la formation de l’embryon d’animaux simples comme l’ascidie (animal marin ressemblant à une petite outre), l’oursin ou l’étoile de mer.


Durant ce siècle, on assiste à une montée en puissance de l’expérimentation animale et au recours à des modèles de plus en plus précis.

 

À Paris, Claude Bernard fut certainement le scientifique qui pratiqua le plus d’expériences sur des animaux.

 

Digestion, fonction glycogénique du foie et diabète, système nerveux, poisons et anesthésiques : cet ancien préparateur en pharmacie occupe successivement la chaire de physiologie expérimentale à la Sorbonne puis celle de médecine expérimentale au Collège de France.

À l’origine d’une école marquée par le recours à la « vivisection », il publie Introduction à l’étude de la médecine expérimentale  (1865) qui influencera les scientifiques du XXe . Charles Darwin publie L’Origine des espèces  (1859), dans laquelle il insiste sur la continuité entre l’animal et l’homme.

 

Le neurophysiologiste Charles-Édouard Brown-Séquard (1817-1894) travaille, lui, sur la moëlle épinière et les greffes, tandis que Paul Bert (1833-1886) se focalise sur la physiologie respiratoire, à l’origine de progrès majeurs en matière d’anesthésie.

 

En embryologie, les aspects anormaux du développement embryonnaire sont étudiés par Camille Dareste (1860) puis Étienne Wolff à partir des années 1930.

 

En 1921, au Canada, Banting et Best découvrent l’insuline pancréatique et son rôle vital dans la régulation du glucose sanguin en expérimentant chez le chien.


Dans les années 1920-1930, enfin, Serge Voronoff, médecin au Collège de France, entreprit des centaines de greffes de testicules entre animaux jeunes et âgés dans l’espoir de trouver un principe de jeunesse.

 

Il fit de même entre des grands singes et des hommes (des criminels notamment), sans aucune efficacité et, apparemment, sans que personne trouve quoi que ce soit à redire…


C’est également l’époque où, avec l’avènement de la génétique, on commence à disposer de populations (mouche drosophile, souris, chien, singe) très homogènes, ayant un « fonds génétique » identique.

 

La souris répond parfaitement à ce que recherchent les expérimentateurs : un animal de petite taille, peu cher, facile à faire reproduire.

 

Parallèlement, l’école américaine de génétique de Thomas Morgan choisit la mouche du vinaigre, ou drosophile, à cause de ses chromosomes géants, faciles à observer.

 

Depuis, le poisson zèbre ou le ver nématode sont devenus très populaires dans les laboratoires.

 

Un peu comme s’il y avait des modes…

 

 

DENIS SERGENTle 3/9/12

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Sciences/La-longue-histoire-de-l-animal-cobaye-_NP_-2012-09-03-849166

 

 

L’expérimentation animale, un mal nécessaire

 

Fondamentale pour la connaissance en biologie et en santé, l’expérimentation sur les animaux tente aujourd’hui de limiter leur souffrance et de favoriser les solutions alternatives.


Loin d’être insensibles aux animaux qu’ils manipulent, les chercheurs ont, depuis la nuit des temps (lire infra),  recours aux « animaux de laboratoire », parfois appelés « cobayes », afin de mieux comprendre la physiologie et la pathologie des animaux eux-mêmes, tout en espérant prévoir ce qui se passe chez l’homme.


Forts de cet objectif, les scientifiques mettent en œuvre des expériences différentes, selon qu’ils étudient la fonction d’un organe, d’un tissu, d’une molécule (physiologie, biochimie), le système immunitaire et la tolérance à un greffon extérieur (transplantation), l’action d’un candidat-médicament sur un organisme entier (pharmacologie, toxicologie) ou encore la psychologie ou le comportement social (éthologie).

 

Certaines expériences obligent à intervenir directement, de manière intrusive, voire destructrice, et à euthanasier l’animal, tandis que d’autres se contentent d’observer l’animal confiné dans un milieu donné.


De ce fait, l’éventail d’animaux, domestiques et sauvages, auxquels l’homme fait appel semble assez large : mouche, poisson, souris, rat, hamster, singe, mais aussi grenouille, crapaud, écureuil, marmotte ou chauve-souris…

 

Pour des raisons de facilité d’observation, l’homme commença par étudier la reproduction (externe) des amphibiens, qui a lieu dans l’eau.


Pour des raisons de taille, de prix et de temps, il se focalisa sur les petits rongeurs comme la souris, animal de mieux en mieux connu au point de vue génétique.

 

On dispose ainsi aujourd’hui de lignées consanguines extrêmement pures, ce qui permet à n’importe quelle équipe de recherche au niveau international de travailler sur le même matériel.


 « Sans l’expérimentation animale, nous ne disposerions sans doute pas de vaccins contre les maladies infectieuses, nous ne saurions pas soigner les déficits hormonaux  (endocriniens), transplanter un organe, rendre prochainement accessible à l’homme la thérapie génique »,  expliquait en 1995 la commission « Expérimentation animale » présidée par Pierre Tambourin, aujourd’hui directeur général de Genopole, à Évry (Essonne), et président du Comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale.

Cette commission eut toutefois la sagesse de s’interroger sur l’éthique de la pratique expérimentale.

 

« L’expérimentation animale reste cependant une pratique “agressive” qui implique la perte de liberté,  le sacrifice de la vie, parfois une certaine souffrance et qui, de ce fait, soulève légitimement des interrogations. Est-elle aussi nécessaire qu’elle a pu l’être ? N’est-elle pas héritée d’une autre époque où l’animal n’avait pas le statut qu’il possède aujourd’hui ? Avec les nouvelles technologies, ne peut-on pas appréhender in vitro les phénomènes biologiques ou les explorer à travers des examens cliniques sans cesse plus sophistiqués ? »  


Une réflexion qui traduit la prise de conscience croissante de cet aspect de l’expérimentation animale chez les chercheurs. Au XVIIe  siècle, en effet, avec Descartes et surtout Malebranche, on pensait que l’« animal-machine » ne pouvait souffrir.

 

Au XIXe , en France, on commence à parler de douleur et souffrance animales, à la fois à cause des mauvais traitements de bon nombre de cochers parisiens avec leurs chevaux et à cause de l’expansion de l’expérimentation animale sous l’égide des physiologistes Claude Bernard et Paul Bert.

 

L’animal est alors considéré par le code civil comme un « bien mobilier ».

 

 En 1850, avec la loi Grammont, la France est un des premiers pays à introduire le principe de protection animale dans son code pénal.

 

Toutefois, il faudra attendre 1963 pour qu’une loi crée le délit d’actes de cruauté envers les animaux (30 000 € d’amende et deux ans d’emprisonnement) et punisse également quiconque aura pratiqué des expériences sur les animaux sans se conformer aux prescriptions qui ne seront qu’évasivement fixées par un décret en 1968.

 

En 1976, la loi relative à la protection de la nature accorde à l’animal le statut particulier d’« être sensible » .

 

Aujourd’hui, l’expérimentation animale se poursuit de façon à prendre en considération le bien-être animal (cage ou étable spacieuse et confortable, aliments et eau à volonté, environnement riche en stimuli de façon à éviter des comportements stéréotypiques).

 

Il n’empêche que certains, comme le philosophe et juriste Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, critiquent l’ambiguïté française de l’animal, « objet »  dans le code civil et « être sensible »  dans le code pénal (1).

 

D’autres juristes proposent de créer une catégorie de « bien protégé », d’autres encore plaidant pour que l’animal soit reconnu comme une personne…

Depuis le début de son histoire, une des justifications de l’expérimentation animale repose sur l’homologie-analogie existant entre l’animal et l’homme, et donc son intérêt pour mettre au point des traitements préventifs (vaccins), curatifs (médicaments, prothèses) et chirurgicaux (greffes).

 

Or, un certain nombre de traitements, dont l’efficacité a été démontrée chez l’animal, ne marchent pas chez l’homme.


Beaucoup d’espèces possèdent des caractéristiques anatomiques et/ou physiologiques particulières.  

 

« Une souris n’est pas un homme » , souligne le neurobiologiste et chef du bureau d’expérimentation animale à l’Inserm François Lachapelle.

 

Ainsi, le chimpanzé, primate génétiquement identique à 98 % à l’homme, ne développe pas le sida, tandis que certaines tumeurs cancéreuses ne croissent pas de la même manière chez l’animal et chez l’homme.


Fort de ce problème d’interprétation des résultats et sous la pression des associations de défense des animaux, le législateur a promu les méthodes alternatives (ou substitutives, substitution methods  en anglais).

 

Énoncées en 1959 par les chercheurs britanniques Russell et Burch sous l’appellation « règle des 3 R » (Reduce, Refine, Replace) , elles consistent à réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés, à améliorer les protocoles expérimentaux et les conditions de vie des animaux avec pour souci premier la prévention de toutes souffrances inutiles, et enfin à remplacer aussi souvent que possible les essais sur animaux vivants (in vivo) par des méthodes alternatives (cellules cultivées  in vitro, organes ou tissus maintenus en survie ex vivo, modèles informatiques de prédiction in silico).


Selon le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives (Ecvam) d’Ispra, en Italie, l’expérimentation in vitro pour les produits cosmétiques européens (essentiellement des tests d’allergie et de toxicologie) a ainsi complètement remplacé l’expérimentation animale.

QUELQUES CHIFFRES  

 

Environ 10 millions de vertébrés, dont environ 80 % de rongeurs (souris, rats) et de lapins et 10 000 singes,  ont été utilisés en 2002 par les États de l’Union européenne (CE, 2003).


Entre 1984 et 1990, le nombre total d’animaux utilisés, toutes espèces confondues, a diminué de 25 %.  

 

Parmi eux, le nombre de chiens a été réduit de 26,7 % et celui des chats de 38,1 %.

 

En 1993, la réduction globale était de 19 % par rapport à 1990.


En France, il y a aujourd’hui 245 animaleries  (Inra, Inserm, CNRS, CEA, universités, laboratoires pharmaceutiques privés). Près de 640 autorisations d’expérimentation ont été accordées par une commission de contrôle pour les cinq ans à venir.


Les coûts d’entretien et de maintenance d’une animalerie sont très élevés.

 

Leur réhabilitation et mise aux normes encore plus : 3,5 fois le prix du mètre carré de laboratoire.

 

POUR EN SAVOIR PLUS  

Paul Yonnet, «  La Dérive zoophilique ou l’Éden animal  », revue Esprit, 1990.

Livre blanc sur l’expérimentation animale, CNRS Éditions, 1995.

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, L’Éthique animale, PUF, 2011.

(1) Terre sauvage n°284, août 2012, pp. 68-70.

DENIS SERGENT  le 3/9/12

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Sciences/L-experimentation-animale-un-mal-necessaire-_NP_-2012-09-03-849165

 

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Published by labrajack - dans Petitions..
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commentaires

DOMINIQUE FAY 12/09/2012 19:46

L'expérimentation animale est une abomination , les souffrances qu'on leur infligent au nom de la science sont inqualifiables , d'un autre temps , il faut s'en tenir aux méthodes subtititives et
arréter de torturer ces millions d'animaux innocents qui ne sont que de vulgaires objets d'expériences .L'animal est différent de l'homme et on ne peut transposer les résultats sur l'animal a
l'homme .L'animal est un être sensible , qui souffre , qui ressent de la douleur , de la peur , de quel droit l'homme s'octroit le droit de vie ou de mort sur lui .