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  • «Sauver un animal ne changera pas le monde. Mais pour cet animal, le monde changera pour toujours.» 
 PrésidentAssociation "Petit Mouton noir" (Voir Rubrique )
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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 16:08

 

 


Un concours de beauté pour les chats ?

 

Au Vietnam, où les matous finissent souvent dans la marmite, cela prêterait à sourire.

 

Pourtant, cet événement s'est déroulé bien des fois à Thanh Binh, commune agricole du district de Chuong My, en banlieue de Hanoi.

 

Avec comme but d'encourager l'élevage de ce petit félin, le plus grand ennemi des rats des champs...

Journée "Miss Chat" à Thanh Binh.

 

Des centaines de matous arrivent dans les bras de leur maître à la salle de conférence de la commune.

 

Les candidats à ce concours de beauté se demandent bien ce qui les attend.

 

Certains boudent en secouant la tête et agitant la queue.

 

Mais pas question de s'échapper, sachant qu'une récompense séduisante les attend en la forme d'un morceau de poisson frit que leurs patrons ont pris soin de préparer et d'apporter avec eux.

Le jury de "Miss Chat" se compose de dirigeants du Comité populaire et de l'Union communale des femmes.

 

Il est dirigé par le vice-professeur et Docteur Nguyên Van Thanh, de l'Université d'agronomie de Hanoi.

 

Après la prise des mensurations, les félins doivent passer différentes épreuves pour évaluer leur talent dans la capture des souris, leur force ou leur grâce.

 

Et les prix sont nombreux : "Chat sumo" (pour le mâle le plus fort), "Anna la jolie" (pour la Miss), "Mère courage" (pour celle ayant le plus d'enfants), "Héros de la dératisation" (pour le plus adroit)...

Il y a bien sûr des primes et des certificats d'honneur pour les gagnants, qui font la fierté des propriétaires.

Quand le chat est absent, les souris dansent

Ce concours "Miss Chat", organisé régulièrement à Thanh Binh, est une initiative du vice-professeur et Docteur Nguyên Van Thanh, 58 ans.

 

Travaillant à l'Université d'agronomie de Hanoi depuis une trentaine d'années, il est actuellement directeur de la section de médecine externe et de puériculture, également directeur du Centre des maîtres-chiens, relevant de l'Université d'agronomie de Hanoi.

 

Il a à son actif de nombreux travaux de recherche, qui ont trouvé des applications concrètes dans la production, au service des paysans.

Cet homme de science s'est longtemps penché sur la lutte contre les rats des champs, cette peste agricole. "Les rats sont les plus grands ravageurs des cultures.

 

On les trouve partout à la campagne, et ils pullulent durant les moissons. En moyenne, un individu peut consommer jusqu'à 20 kg de riz par récolte. Imaginez les dégâts quand il y en a mille dans un champ !", explique-t-il.

Les paysans ont l'habitude d'utiliser la mort-aux-rats, une substance qui a des effets collatéraux sur les poissons, canards, chats, chiens…, sans parler des hommes qui, par inadvertance - ou non, peuvent siroter l'infect breuvage.

 

C'est en plus une méthode onéreuse.

"Multiplier les chats reste la meilleure solution", considère M. Thanh.

 

C'est ainsi qu'est née une campagne d'élevage dans la banlieue de Hanoi.

"Les chats sont de moins en moins nombreux, même dans les villages ruraux", déplore-t-il.

 

Car cet animal, surnommé le "petit tigre", est aussi une spécialité culinaire de plus en plus appréciée, notamment par une clientèle huppée.

Les pauvres piégés et vendus sous le manteau à des restaurants spécialisés.
 

 

Selon des estimations, au 1er trimestre 1998, le pays comptait environ 30 millions de rats qui ont provoqué chaque jour une perte évaluée à 30 milliards de dôngs.

 

Une femelle peut donner naissance à 80 petits par an (à raison d'une portée tous les deux mois).

 

Ainsi, d'un couple au début, la population se multiple à vitesse "grand V" pour atteindre 2.160 "bouches" en un an.  

 

"C'est vraiment un fléau, qui sévit dans l'ensemble du pays", insiste le Docteur Thanh.

Une "banque" de chats

Nguyên Van Thanh a cherché à collaborer avec la Mission de la jeunesse YWAM, une organisation non gouvernementale, pour la mise en oeuvre d'un projet de dératisation.

 

Le coup d'envoi a été confié à la commune de Thanh Binh, où, selon des statistiques, 30% à 40% du volume de paddy finit dans l'estomac des rongeurs.

Le projet a reçu l'accueil enthousiaste des paysans locaux.  

 

"Ici, les rats sont vus comme la peste. Ils sont très nombreux et très téméraires à tel point qu'on les voit même en plein jour, en dépit du va-et-vient des hommes", se plaint M. Sang, président du Comité populaire de la commune de Thanh Binh.

M. Hoa, chef du village de Doi Che, raconte d'un ton tragi-comique : "Ma famille élève des canards. Chaque nuit, des centaines de rats se rassemblent autour de ma maison et attendent l'occasion de voler des oeufs frais. Ils les roulent vers leurs abris à la manière d'un gamin roulant son ballon. Et comme des gamins, ils se chamaillent bruyamment toute la nuit".

Doté d'un budget de 2,2 milliards de dôngs, le projet de dératisation porte sur la multiplication des chats dans la commune de Thanh Binh.

 

Une "banque de chats" a même été créée, chargée de fournir des matous aux familles paysannes, sous réserve qu'elles s'engagent à bien les soigner, à ne pas les transformer en civet ni à les vendre à des gargotes de "petits tigres"...

 

On leur donne également un document du Docteur Thanh sur la technique d'élevage.

 

D'ores et déjà, on peut affirmer que le projet est un grand succès.

 

Tout le monde respecte ce principe : quand une chatte met bas, la famille éleveuse peut garder les petits, et leur mère est confiée à une autre famille.

 

Et d'apprendre par cœur cette devise : "tuer le chat, c'est se tuer".

 

Le cheptel de "petits tigres" de Thanh Binh est désormais de plus de 2.000 têtes.

 

Et la production rizicole de la commune a bondit de 30%.

La joie se lit sur le visage du Docteur Thanh, auteur du projet et jury du concours.  

 

"C'est une belle coïncidence que nous soyons actuellement l'année du Chat. Ma famille nourrit une dizaine de chats, et tous mériteraient le titre de Miss ! J'en ai aussi des dizaines d'autres élevés au Centre des maîtres-chiens. Et pas de question de + se détester comme chien et chat+, car ici, ils vivent en bons termes", s'amuse-t-il, en caressant deux chats dans ses bras.

Nghia Dàn/CVN
6/11/2011

http://lecourrier.vnagency.com.vn/default.asp?page=newsdetail&newsid=76931

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Published by labrajack - dans Pays Asiatiques.
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