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  • «Sauver un animal ne changera pas le monde. Mais pour cet animal, le monde changera pour toujours.» 
 PrésidentAssociation "Petit Mouton noir" (Voir Rubrique )
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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 16:51

 

 

Un chien dans une fourrière très pauvre du sud des Etats-Unis

Esterel, une jeune fille de 15 ans se destinant à une carrière de vétérinaire, nous raconte sa bouleversante découverte d'une fourrière du Texas, aux Etats-Unis, où elle a travaillé en tant que bénévole.


J’ai fait du bénévolat dans une fourrière très pauvre du Sud des Etats-Unis.

Je ne doute pas qu’il existe des fourrières où les animaux sont beaucoup mieux soignés, et des pires, que ce soit en Amérique ou en France.

L’objet de cet article est seulement de relater mon expérience.

La découverte

Ah ! Les Etats-Unis ! Ses magasins, ses hauts buildings, ses… animaux abandonnés.


Comme en France, les maîtres abandonnent lâchement leurs animaux à la veille des vacances.

 

Les refuges sont saturés, mais font ce qu’ils peuvent pour sauver le chien galeux, la portée de chatons laissée devant la porte… Ils tentent d’aider tout ces animaux.

 

Mais, il y a comme en France, une espèce d’Enfer où un boucher lui-même ne voudrait pas entrer : la fourrière.


Lundi matin, 9 heures sonnantes et trébuchantes, pleine de bonne volonté, les yeux remplis d’étoiles, je me présente devant la fourrière locale.


- Votre âge ? demande la vieille secrétaire obèse dans son bureau qui pue la javel,
- J’ai 15 ans, je suis française et je veux faire du bénévolat
- Au fond à gauche. Bonne chance
.

 

Je les entendais déjà.

 

Des miaulements de chats affamés, des hurlements de chiens surexcités. Mary, l’employée, me distribue rapidement des tâches à faire. Je commence par les chats, que je connais bien mieux.


En entrant dans la salle, je suis saisie par l’odeur. Un mélange d’urine, d’excréments, de pâté discount et une quatrième odeur qui m’était jusqu’alors inconnue.

 

La mort. La pourriture d’un corps. Après un passage devant les cages, je comprends plusieurs choses : l’odeur de nourriture bon marché, c’est la vieille bouillie dans des gamelles en carton.


Les chats n’ont pas de bacs à litière, ils font donc sous eux et marchent dedans tant la cage est petite.

 

Et j’ai rapidement compris la dernière odeur.

 

Tout les animaux sont pleins par les vers, leur ventre est rond comme un ballon, leur derrière est plein d’excréments jaunâtres et liquides.

 

Ces animaux sont littéralement bouffés de l’intérieur.  Ils pourrissent vivants. Leur état est lamentable. Outre les vers, il y a les puces et les tiques, les mouches qui se posent sur des plaies pleines de pus.

 

Un bébé chat de 1 mois avec un coryza tel que toute sa tête n’est que glaires jaunes et pus virant à l’orange.

 

Un adulte avec une plaie sur la tête, je pouvais voir son œil au travers de sa tempe. Un chaton tellement maigre que roulé en boule, je l’ai confondu avec sa minuscule gamelle d’eau.


- Mais vous ne pouvez pas les aider ?
- Non, l’Etat ne nous donne pas d’argent.
- Mais ils souffrent !
- Je sais. Ils ne vont pas être adoptés. Ils vont être euthanasiés, comme tant d’autres, comme tant de cœurs perdus.

 

Comment aider ces animaux ?

Alors j’ai tout fait pour les aider. Pendant un mois, j’ai nettoyé la cage plus souvent, j’ai mis plus de pâté, de l’eau fraiche et  je les ai câlinés.

 

Quand j’arrivais dans la pièce, les chatons se jetaient sur les barreaux en hurlant, puis ronronnaient quand je les prenais.


Les chiens. Des animaux fidèles et faisant confiance à leur maitres chéris.

 

Ils n’auraient pas dû. L’odeur est plus ou moins la même, mais ce qui est insupportable, c’est le bruit.

 

Des chiens se jetaient tête la première sur la porte de leur box en aboyant.

 

Des chiens hurlaient comme des loups dans le fond.

 

Des chiots pleuraient leur souffrance entassés sur leurs frères et sœurs.

 

Mais tout ceci veut dire la même chose : "Occupe-toi de moi !".


Là aussi, il y a des cas qui m’ont marquée.

 

Encore des vers, des puces, des tiques grosses comme des noisettes, des asticots, des grosses mouches bleues.

 

Un Dogue Allemand en observation pour la rage. Après explications, il est là car il est grand, noir et non castré.

 

Un chiot de deux mois ayant une pneumonie. Ses poumons étaient remplis de pus, je l’entendais respirer avec difficulté malgré le bruit des autres chiens.  

 

Une mère maigre comme un clou, qui nourrit jusqu’à la mort ses 7 chiots.

 

Un croisé Am’ Staff/Bouledogue qui rampait de terreur quand je le sortais de sa cage. Sûrement un chien battu.


Il y avait, outre les animaux malades, ceux qui ne supportaient pas d’être en cage.

 

Il faut les comprendre, 24h sur 24 dans cette prison, parfois entassés à 3, voire à 5 chiens sans compter les chiots, avec pour seule sortie leur dernière promenade vers la salle du fond, la salle de la mort.

 

Une gamelle vite balancée sous la porte.

 

Un jet d’eau  tiédasse qui lave la cage à travers la grille.

 

Parfois, une main d’un éventuel adoptant qui se tend entre les barreaux, pour ensuite se retirer rapidement en soupirant.

 

- Il est beau celui-ci. Pourquoi est-il là ?
- Je ne sais pas. Vous le voulez ? Regardez ces grands yeux tristes qui vous admirent !
- Je ne peux pas, vous comprenez.
- Je comprends



Les chats attendent la mort, entassés dans la cage d'euthanasie

La salle de la mort

Non, je ne comprends pas. Le chien aux yeux tristes a été euthanasié, comme tant d’autres. Je ne comprends pas les gens qui arrivent dans cet enfer et qui repartent car "Ils ne peuvent pas".

 

Une fois, une femme se présente :
- Bonjour mademoiselle, auriez vous mon chat tabby ?
- C’est ce qu’on a le plus ici. Venez avec moi.

La petite dame me suit. Elle a l’air triste.
- Voila nos chats, regardez dans chaque cage, on l’a peut être, votre minou.
- Non, pas lui, non… non plus, dites, vous en avez beaucoup, des chats, faudrait pas nettoyer plus souvent ?

Je lève les yeux aux ciel.
- Guizmo ? mon bébé d’amour, t’es la ? Oh c’est mon Guizmo !"
Elle pleure presque et regarde le chat avec affection.

 

Et puis, après 5 minutes, elle est partie, et n’est pas revenue.

Trois jours plus tard, j’emmène Guizmo dans la pièce de la mort.

Je n’ai jamais compris pourquoi elle était partie sans son chat. Problème d’argent ? Chat qui s’est "sauvé", ou plus précisément, poussé dehors ? Malpropre, agressif ?  

 

 

Tout est bon quand on veut se débarrasser de son animal.

Même un courant : "Je l’ai trouvé sur le bord de la route" ou encore "ces chats errants me gênent".

 

Pourquoi ? Car au bout de sept ou huit mois, Minette que l’on a acheté pour Noël  se transforme en furie tous les mois, et ramène à la maison une portée, puis deux, puis trois, et tout ces chatons mignons et joueurs se reproduisent encore, avec la mère, la sœur, le frère.

 

Et que faire quand au bout d’à peine un an, quatorze chats entiers se battent sous les fenêtres, volent dans la cuisine, détruisent les plates bandes ?

 

Et bien une femme est arrivée, avec 14 chats répartis en deux cages, affamés, miaulant de terreur, et les a simplement abandonnés à la fourrière, car elle n’en peut plus.

 

L’un des chats, très agressif, avait une plaie horrible sur la tête, dégoulinante de pus et pleine de terre. Le petit garçon qui accompagnait sa mère avait parlé d’un "petit bobo". Je le revois encore me dire "tu vas le soigner, mon petit chat ?".


Ce chat est parti directement dans la salle du fond, l’employé disant qu’il ne sera jamais adopté. Sur ce paquet de chats plus ou moins gentils, un seul a été adopté.

 

L’adoptante l’a trouvé spécial, car il avait les yeux vairons.

 

Pour moi, tous les chats, gouttières ou siamois, blancs ou roux, placides ou joueurs, sont spéciaux.

 

A la fourrière, il faut avoir quelque chose en plus pour être adopté.

 

Un cruel manque de moyens

Le manque de soin des animaux à la fourrière est évident.

 

Ils n’ont aucun moyen pour soigner les chatons abandonnés.

 

Ainsi, un jour, une femelle s’est échappée laissant derrière elle quatre bébés de 10 jours affamés et frigorifiés.

 

Voyant que l’employé leur avait mis une gamelle de croquettes, j’ai décidé de les nourrir.

 

Du lait en poudre, datant surement  du siècle dernier, mélangé à de l’eau de ma bouteille, dans une gamelle. Pas de biberon. Comment faire ?

 

Système D, une vieille seringue lavée au paic citron, et me voila en train de nourrir ces bébés, en n’oubliant pas de les stimuler pour qu’ils fassent leur besoins.  

Deux heures plus tard, l’employé de la fourrière les euthanasie.

 

L’euthanasie, en France, je crois qu’elle se fait partout par injection létale, l’animal ne souffre pas. Dans cette fourrière sans aucun moyen, elle se fait par gaz.  

Les animaux sont gazés, dans des minuscules cages, entassés à 15, où les plus gros marchent sur les bébés.

 

Les chiens pleurent, les chats hurlent.

 

Les animaux sont ensuite entassés dans un congélateur, et malgré le froid, une odeur terrible se dégage de cette pièce.


Je sais que l’aide que j’ai pu apporter pendant un mois est une goutte d’eau dans l’océan.

 

Mais je me dis que c’est mieux que rien et qu’on devrait développer le bénévolat en France pour que les amoureux des animaux puissent passer à l’action et apporter eux aussi leur aide même aux cas les plus désespérés, surtout aux cas les plus désespérés.


Et puis il faut absolument inciter les propriétaires à faire stériliser leur animal.

 

C’est le seul moyen d’éviter à une éventuelle progéniture d’errer dans la nature avant de connaître l’Enfer de la fourrière.


Publié le Vendredi 17 Août 2012 par wamiz.com

http://wamiz.com/chiens/actu/mon-experience-dans-une-fourriere-americaine-2659.html

 

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commentaires

Julien 27/08/2012 17:05

bonjour

hélas rien de nouveau dans ce témoignage !

en France c'est comme aux états-unis , et je dirais peut-etre pire !

les euthanasies sont faites de la meme façon .

j'éspere qu'un jour vous serez véterinaire , et que vous n'allez pas

vivre pour l'argent , comme 99;9 % des veterinaires .

que vos euthanasies seront douces .

bonne chance

alienor 21/08/2012 17:18

C'est terrible..et tellement courant ! ce sont hélàs la majorité.....aucun progrès depuis 50 ans que je m'occupe d'animaux en détresse, 50 ans et RIEN !!!!!