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  • «Sauver un animal ne changera pas le monde. Mais pour cet animal, le monde changera pour toujours.» 
 PrésidentAssociation "Petit Mouton noir" (Voir Rubrique )
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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 12:35

 

Pas de lâcher d'ourse cette année, a décidé le ministère de l'Environnement./ Photo DDM, archives
Pas de lâcher d'ourse cette année, a décidé le ministère de l'Environnement./ Photo DDM, archives
Pas de lâcher d'ourse cette année, a décidé le ministère de l'Environnement./ Photo DDM, archives

Pas de lâcher d'ourse cette année, a tranché le ministère de l'Ecologie.

 

Visiblement, la décision a été prise en très haut lieu. Les engagements de l'Etat passent à la trappe, le temps de la présidentielle.


Nicolas Sarkozy a donc tranché pour cette année.

 

Il n'y aura pas de lâcher d'ours(e) dans les Pyrénées en 2011.

 

 

On savait que le chef de l'État devait avoir le dernier mot dans ce dossier extrêmement sensible, surtout à un an de la présidentielle.

 

Hier soir, le ministère de l'Écologie a confirmé cette décision, après que les associations eurent rompu un silence décidément trop lourd à garder.

 

Dans un communiqué, l'organisation mondiale WWF et Pays de l'ours Adet ont vivement réagi à cette mesure qui, selon eux, signe tout simplement l'arrêt de mort de l'ours en Béarn.

 

« On avait un engagement précis de l'État. Le 26 juillet 2010, la ministre Chantal Jouanno avait conclu cinq années de réflexion et de concertation par l'engagement de lâcher une ourse en Béarn au printemps 2011. C'est un reniement de la parole dite », s'indigne Alain Reynes de l'Association pour le développement durable des Pyrénées (ADET).

Les éleveurs et la sécheresse

Mais l'arbitrage final de Nicolas Sarkozy ne serait pas l'explication à ce revirement, veut-on laisser croire.

 

La ministre de l'Écologie explique avoir refusé ce lâcher pour ne pas ajouter « aux difficultés rencontrées par les éleveurs du fait de la sécheresse persistante. »

 

Pour autant, ajoute le cabinet de la ministre, la réintroduction d'une population d'ours bruns dans les Pyrénées « demeure un objectif à atteindre au regard des engagements internationaux de la France ».

 

Dans cette affaire traitée en très haut lieu, il semble que Nathalie Kociusko-Morizet ait dû manger son chapeau.

 

Même le Comité national de la protection de la nature, organisme totalement indépendant, s'était prononcé le 19 mai en faveur de cette réintroduction.


La mesure ne serait donc que temporaire, ce que les associations ont du mal à croire.

 

Pro-et anti ours- attendaient la nouvelle avec un égal intérêt.

 

Les opposants à la cause ursine menaçaient de passer à l'action, considérant que la présence du plantigrade est incompatible avec l'activité du pastoralisme.

 

Les méfaits de la sécheresse, même moins sensibles dans le piémont pyrénéen, pouvaient à tout moment exacerber les tensions.

 

Dans les deux camps, il n'échappe pas que la proximité de l'élection présidentielle a largement guidé la décision.

 

La semaine dernière encore, on savait la mesure imminente en faveur d'un lâcher.

 

Il fallait, conformément aux engagements, introduire une ourse dans les Pyrénées-Atlantiques.

 

Une femelle qui avait vocation à faire les yeux doux à deux mâles, les seuls à séjourner à l'extrémité ouest de la chaîne.

 

C'est fichu pour cette fois.


« La présidentielle a pesé sur la décision »

WWF France : « C'est aberrant, alors qu'il y a huit jours, on a lancé la stratégie nationale pour la biodiversité, avec des axes très ambitieux. Quand il faut passer au concret, il n'y a plus personne. Ce sont les agendas politiques, les lobbies, les enjeux électoralistes qui priment », regrette Christine Sourd, de WWF.


ADET Pays de l'ours : « Un mauvais coup porté aux Pyrénéens : en méconnaissant les obligations européennes, le gouvernement s'expose à des sanctions pouvant aller jusqu'au gel des financements communautaires pour les Pyrénées, comme le rappelait Chantal Jouanno en 2010.

Une fois de plus, nous nous ridiculisons aux yeux de l'Europe et des pays qui font l'effort de protéger leurs espèces menacées.

La voix de la France sur les questions environnementales s'en trouve affaiblie. Nous ne pouvons que condamner le décalage entre les beaux discours et les actes. »


Ferus, association pro-ours : « Ferus se battra pour que cet échec ne marque pas la fin de l'histoire, aux côtés des autres ONG qui défendent la nature et la faune sauvage. »


Philippe Lacube, chef de file des anti-ours.

 

Pour le président de l'Addip (Association pour le développement durable de l'identité pyrénéenne) : « La proximité de la présidentielle a indéniablement pesé dans la balance.

 

Mais cela reste une grande satisfaction.

 

Voilà cinq ans, on avait fait baisser le nombre de lâchers.

 

En 2010, on avait obtenu l'abandon d'un plan de réintroduction de l'ours. Tous les arguments avancés ont été entendus ».


Jean Lassalle, député MoDem du Béarn : « On ne peut pas imposer à un peuple comme les Pyrénéens et à des populations et à des territoires aussi merveilleux quelque chose qui leur fait peur et dont ils ne veulent absolument pas. ».


Marie-Louise Brouilh, Association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen.


« Depuis le démarrage de ce dossier, nous avons créé des associations coordonnées dans chaque département. Cette décision est l'aboutissement d'un travail avec l'ensemble des partenaires, élus, chambres d'agriculture, chasseurs… »


Henri Nayrou, député PS de l'Ariège. « C'est bien la première fois que je suis en phase avec M. Sarkozy. Il a pris une décision qui colle au contexte actuel. »


Consultation : 8800 Pyrénéens avaient répondu

La consultation lancée le 27 décembre 2010 par l'État sur le projet de réintroduction d'une ourse dans les Pyrénées n'a pas suscité un très gros intérêt de la population : 25 442 observations ont été envoyées, dont 13 000 seulement ont été jugées recevables.

 

La population du massif pyrénéen s'élève approximativement à 500 000 habitants : 5 % auraient donc pu donner leur avis.

 

Mais en réalité, les habitants de la chaîne n'étaient pas les seuls à pouvoir répondre.

 

Pour preuve, 4 400 personnes extérieures au massif ont donné leur avis sur le projet de réintroduction.

 

Les Pyrénéens ont été au nombre de 8 800 à se prononcer.

 

Les communes concernées pouvaient aussi le faire : seulement 11 % ont donné leur avis.

 

Le chiffre grimpe à 40 % dans le département des Pyrénées-Atlantiques où la question de la réintroduction d'une ourse se posait.

 

Parmi les 12 000 observations jugées non recevables par le ministère de l'Environnement, 11 800 provenaient d'une pétition internet lancée par une association pro-ours.

 

Globalement, le ministère de l'Environnement a recueilli 7 000 avis défavorables au projet de réintroduction, et 5 000 autres avis favorables.

 

Mais il ne s'agissait pas d'un match, ni d'un référendum : « Un recueil d'avis sur une décision difficile », avait souligné la ministre de l'Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet. Lancée le 27 décembre 2010, la consultation s'est terminée le 4 février 2011.

 

Le ministère de l'Ecologie a aussi recueilli l'avis, positif, du CNPN, le Conseil de la protection de la nature, avant de trancher.

S. B.


Le chiffre : 8

Ours slovènes > Réintroduits dans les Pyrénées.

 

Six femelles et deux mâles ont été lâchés au total dans les Pyrénées : deux en 1996, un en 1997 et cinq en 2005.


« Un mauvais coup porté aux Pyrénées : en méconnaissant les obligations européennes de la France, le gouvernement s'expose à des sanctions. »

Association ADET, Pays de l'ours.


http://www.ladepeche.fr/article/2011/06/02/1096416-ours-il-n-y-aura-pas-de-nouveau-lacher.html

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Published by labrajack - dans Faune - Ours - Loups
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