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  • «Sauver un animal ne changera pas le monde. Mais pour cet animal, le monde changera pour toujours.» 
 PrésidentAssociation "Petit Mouton noir" (Voir Rubrique )
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  • «Sauver un animal ne changera pas le monde. Mais pour cet animal, le monde changera pour toujours.» PrésidentAssociation "Petit Mouton noir" (Voir Rubrique ) https://www.facebook.com/labrajack

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 17:02

Bien que les animaux cherchent en général à...

Bien que les animaux cherchent en général à cacher leur douleur, les chats et les chiens se montrent relativement «extrovertis», comparés à d'autres espèces.

 

«Quand un être humain se blesse, il manifeste sa douleur de bien des manières : il pâlit, gémit, fait de la fièvre, pleure, garde le lit, maigrit, etc.

 

Mais qu'en est-il des animaux?

 

Heurté par une voiture, notre chat s'est contenté de boiter; couvert de plaies après une bataille, il a simplement somnolé un peu plus durant une journée; un vétérinaire lui a crevé un abcès purulent sans qu'il bronche.

 

Notre chien a eu une plaie ouverte à la patte, mais il courait quand même dans l'eau, sautait partout.

 

J'ai déjà vu un renard se relever d'une patte amputée, boitiller, puis se remettre à marcher sur trois pattes, et des oiseaux à l'aile cassée, voire au bec arraché et pendouillant, qui ne montraient pas le moindre signe de douleur (à mes yeux)!

 

N'ont-ils pas de nerfs sensitifs? Ou est-ce que c'est nous qui ne décodons pas leurs communications?» demande Maryse Tremblay, de Bellechasse.


Pour des raisons aussi bonnes qu'évidentes, tous les animaux sont munis de nerfs servant à sentir qu'un «danger» - la dent d'un prédateur, l'épine d'une plante, etc. - est en train de les blesser. Tous, même les plus humbles.

 

D'ailleurs, pas plus tard qu'il y a environ 10 jours, les fils du soussigné étaient bien impressionnés de voir, dans la cour arrière, un ver de terre se tortiller frénétiquement sous les attaques répétées d'une sorte de mille-pattes noir (possiblement une scolopendre, sorte de mille-pattes carnivore), qui le pinçait sans relâche avec ses deux énormes crochets.


De toute évidence, le ver se savait tenaillé, mais éprouvait-il le même genre de sensations que nous lorsque, par exemple, nous nous piquons avec une aiguille?

 

En ce qui concerne les invertébrés, la réponse n'est pas claire.

 

Beaucoup de biologistes préfèrent parler de nociception, soit le signal d'une blessure accompagné d'un réflexe d'évitement, mais qui n'implique pas nécessairement la sensation physique et émotionnelle extrêmement désagréable que nous appelons «douleur».

 

La preuve que l'un peut venir sans l'autre, d'ailleurs, est que lorsque l'on met la main sur un rond très chaud, le réflexe de la retirer survient avant le signal de douleur - celui-ci servant à fixer un apprentissage plutôt qu'à éviter la blessure.

 

Mais si l'existence de la douleur chez les invertébrés est incertaine, on a d'excellentes raisons de la présumer chez des animaux plus évolués comme le chat et le chien, dit Éric Troncy, chercheur en médecine vétérinaire à l'Université de Montréal et spécialiste de la souffrance chez les animaux.

 

«On a établi des critères de comparaison, et la première des choses qu'on a regardées, c'est l'anatomie. Comme on sait, la perception de la douleur, c'est d'abord lié au système nerveux. Alors, comment est constitué le système nerveux? Est-ce qu'il a une composante de système nerveux central, avec un cerveau, un tronc cérébral et une moelle épinière, et est-ce qu'il y a des nerfs périphériques? Et grosso modo, oui, l'anatomie du système nerveux des animaux comme le chat et le chien est comparable à ce qu'on voit chez l'humain. Il y a des différences, bien sûr : du côté humain, on a une concentration de fibres nerveuses au niveau des doigts, par exemple. Le chien en a moins et le chat, un peu plus. Mais si on regarde ça globalement, c'est quand même assez proche, et même dans le cortex cérébral, on retrouve des structures communes.»


De même, poursuit M. Troncy, l'étude de la physiologie des signaux douloureux - c'est-à-dire le détail de leur fonctionnement - a elle aussi révélé une assez proche parenté entre l'Homme et les autres mammifères.

 

Les niveaux de réponse des animaux aux stimuli sont les mêmes, et les neurotransmetteurs impliqués, soit les molécules qui relaient les signaux d'un nerf à l'autre, sont eux aussi souvent les mêmes.


«Et le troisième élément qu'on va chercher ensuite, enchaîne le vétérinaire, c'est la pharmacologie : quand on donne un traitement antidouleur, est-ce que l'animal répond de la même manière que nous. Et c'est effectivement le cas, en particulier avec le composé antidouleur de référence qu'est la morphine. D'ailleurs, c'est très lié à l'élément précédent de la physiologie, parce qu'au niveau endogène, ces animaux-là ont un système de contrôle de la douleur qui se base sur les endomorphines, comme nous.»

 

Douleur similaire

De ces trois points de vue, donc, tout indique que nos «amis à poils» ressentent les pics, les dents, les flammes, les taloches et les varlopes d'une façon très similaire à la nôtre, sinon identique.

 

Alors pourquoi ne le voit-on pas?

 

Il se peut bien, comme le soupçonne notre lectrice, que nos yeux soient plus exercés à déchiffrer les mimiques humaines qu'à lire dans les moustaches de minou, pour ainsi dire.

 

Mais il ne faut pas oublier non plus, souligne M. Troncy, «que l'animal a un instinct beaucoup plus développé que nous et que pour lui, témoigner sa douleur, c'est un aveu de faiblesse.

Donc, il y a beaucoup d'animaux qui vont avoir une expression beaucoup plus modérée, voire carrément stoïque face à la souffrance.

On n'y verra rien, ou pas grand-chose, parce qu'ils ne veulent pas qu'un prédateur ou un rival de la même espèce profite de leur faiblesse.»

 

C'est plus vrai pour les chats que pour les chiens, parce que ceux-ci ont un naturel beaucoup plus social que les canins.

 

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard, signale M. Troncy, si les propriétaires de chiens amènent leurs animaux chez le vétérinaire trois fois plus souvent que les propriétaires de chats : c'est quand on voit des signes de souffrance chez son compagnon que l'on va consulter, et si le chat cache mieux les siens que le chien, il se retrouvera moins souvent en clinique.


Or, bien qu'il y ait des variations individuelles importantes, même les chats se montrent relativement «extravertis», comparés à d'autres espèces qui ne vivent pas aussi proches des humains - littéralement dans les maisons, pour les chiens et les chats.

 

À vrai dire, même la vache se garde une petite (grosse) gêne en notre présence.

 

«Le chien et le chat, ce sont nos animaux de compagnie les plus proches de nous, et ça influence leur comportement. [...] La vache, elle, vit moins proche de nous et va énormément cacher ses signes de douleur. On a mené des travaux où on a passé des heures et des heures à analyser des vidéos, et ce dont on s'est rendu compte, c'est que les vaches auxquelles on induisait un certain niveau de douleur, quand il y avait un humain dans la pièce, elles paraissaient parfaitement normales. Mais dès que la nuit arrivait et qu'elles entendaient la porte se refermer, on voyait l'expression corporelle de l'animal changer, devenir altérée par la douleur. Donc on voit très bien que la vache, elle ne nous considère pas comme un ami», dit M. Troncy.


Enfin, il est aussi possible que nous exprimions notre souffrance plus ouvertement qu'à d'autres époques, plus violentes, où il était plus risqué de donner des signes de faiblesses.

 

 

«C'est l'hypothèse qu'on retient généralement», dit M. Troncy.

 

Autres sources :

Robert W. Elwood, «Pain and Suffering in Invertebrates?», Institute of Laboratory Animal Resources Journal, 2011, http://bit.ly/17pBNWP

Dawn A. Tamarkin, «Reflexes», Anatomy and Physiology I & II, Springfield Technical Community College, 2011, http://bit.ly/11SHdWd

Jean-François Cliche
Le Soleil

Publié le 30 juin 2013

http://www.lapresse.ca/le-soleil/vivre-ici/la-science-au-quotidien/201306/29/01-4666330-les-souffrances-secretes-des-animaux.php

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commentaires

ALIENOR 30/06/2013 17:37

oh que si, leur souffrance se voit parfaitement dans leur regard......il suffit d'y prêter attention !