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  • «Sauver un animal ne changera pas le monde. Mais pour cet animal, le monde changera pour toujours.» 
 PrésidentAssociation "Petit Mouton noir" (Voir Rubrique )
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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 16:38

Paru le vendredi 22 novembre 2013
Pa rDr Antoine BOUVRESSE Vétérinaire

La CASTRATION est-elle la solution à tous les problèmes comportementaux de l’espèce canine?

 

Souvent proposée, la castration du chien mâle est souvent envisagée comme le remède miracle pour des indications comportementales qui se comptent à la pelle. Pour sortir des préjugés et pour répondre concrètement, ce billet s'appuie sur des études scientifiques validées afin de savoir quel est l'influence de la castration sur les divers comportements gênants de nos toutous!


Une petite note sur laquelle nous reviendrons plus tard: si la castration est proposée pour tout comportement problématique possible et imaginable, ça n'est sans doute pas un hasard. En effet on entend fréquemment (TROP fréquemment) dans le monde cynophile que si un chien présente tel ou tel comportement gênant, c'est parce qu'il est DOMINANT (quel que soit le comportement évoqué soit dit en passant!!). Suivez moi, ça va aller très vite mais ça marche à tous les coups:

Comportement gênant -> Chien "Dominant" -> CASTRATION.

Hé oui!! Pourquoi réfléchir quand les réponses sont si évidentes!!!  :-) 



 Après les digressions, les ÉTUDES:
Elles portent sur les comportements gênants suivants: 
  • Agression intraspécifique
  • Agression envers un humain inconnu
  • Agression envers le / les maîtres
  • Malpropreté
  • Fugues
  • Chevauchements.
Attention, malpropreté et/ou agressions peuvent être le révélateur de nombreuses pathologies médicales: endocrinopathies, insuffisances rénales, arthrose etc etc... Un examen clinique par un vétérinaire est IMPÉRATIF ( accompagné si nécessaire d'analyses sanguines). 
Les études de  Neilson et al., 1997 (1) et Landsberg et al., 2003 (2) montrent que la castration apporte des bons résultats:  sur les malpropretés, fugues et chevauchements on note 90 % d'amélioration chez 25 à 40 % des chiens.
 Les études de Knol et Egberink-Alink (1989), et Hopkins et al. (1976) montrent une Forte résolution des fugues (>60%) , une bonne résolution des malpropretés et des chavauchements, et une amélioration moyenne des agressions entre chiens mâles!
               ( Fugues >> Malpropreté , Chevauchement > Agressions Mâle - Mâle.) 

  

Concernant l'efficacité de la castration sur les problématiques d'agressions... il semblerait que seules les agressions intraspécifiques Mâle -> Mâle soient améliorée.




Ces résultats sont frustrants: s'il semble évident que la castration ne soit pas un remède miracle ( réduction seulement de 30% des agressions vis-à-vis du maître), qu'est-ce qui pourrait expliquer qu'elle ne soit pas aussi efficace sur un humain connu que sur un humain inconnu??

La réponse vient probablement du fait que dans toutes ces études, les séquences agressives ne sont pas assez précisées: il existe des centaines de raisons pour qu'un chien mordre son maître ou un inconnu.

Starling, (2013) démontre que le statut sexuel des chiens mâles influence leur degré de hardiesse et de témérité (Boldness). Peut-être que c'est là la clef des statistiques précédentes très pauvres!
Si l'on avait étudié les agressions en distinguant agression par PEUR versus agression de défense de RESSOURCE, peut-être aurions nous des résultats plus cohérents qu'en utilisant une classification interspécifique / intraspécifique. 

 

 

On pourrait supposer que la castration, en diminuant le niveau de témérité d'un chien (Starling, 2013), permettrait de diminuer les agressions liées aux défenses de ressource! Prenons l'exemple d'un chien mâle correctement socialisé, qui vit avec des congénères, mais qui occasionnellement peut-être amené à se battre avec un autre mâle au cours d'un repas ou autour d'un jouet. Il est fort probable que la castration, en diminuant ta témérité, diminue la probabilité de ces agressions.
A l'inverse, prenons un chien qui n'est pas socialisé à ses congénères, ne sait pas communiquer, et agresse systématiquement au bout de sa laisse tout les chiens qui passent dans son champ visuel. Ces agressions PAR PEUR ne seront probablement pas solutionnées par une baisse de sa hardiesse!!
(Soit dit en passant ... elle est la loin la théorie du chien qui agresse parce qu'il est dominant!!)
Pour les relations interspécifiques, on peut appliquer le même raisonnement:
OUI, la castration peut potentiellement diminuer la probabilité qu'un chien grogne parce qu'on s'approche de sa gamelle. MAIS NON, la castration ne diminuera pas les grognements d'un chien que l'on corrige autour de son panier ou de sa gamelle. Grogner dans un contexte de punition est une agression par peur qui a pour fonction de communiquer l'inconfort d'un chien et pour laquelle la castration n'aura que peu d'influence.

Il existe 2 méthodes de castration: ....Messieurs, vous pouvez vous cacher les yeux...









La méthode chirurgicale: elle est définitive
 et nécessite une anesthésie générale













La castration chimique par pose d'un implant sous cutané de Desloréline. Elle peut se faire sans tranquillisation, son efficacité est provisoire et d'une durée de 6 à 12 mois. Attention certains reproducteurs ont du mal à revenir à la reproduction après 1 ou plusieurs implants. De rares cas d'hépatites ont été décrits.





  • La castration est une demande courante mais qui ne doit pas pour autant faire oublier d'éventuels problèmes médicaux sous-jacents.
  • La castration a une bonne efficacité sur les comportements de fugue, de chevauchement et les agressions entre chiens mâles (pubères!! )
  • La castration fait diminuer la témérité des chiens (Starling, 2013), ce qui diminue probablement la survenue d'agressions liées aux défenses des ressources.
  • En tout état de cause, chaque séquence agressive devrait être analysée pour en comprendre la cause ET les apprentissages associés (punitions, renforcements etc...)
  • En cas d'agressions domestiques, la castration peut être une option intéressante en parallèle de nouveaux apprentissages associatifs. Elle ne devrait pas être envisagée comme une solution en tant que telle.


Cette démarche n'est évidemment possible qu'en sortant du schéma "tout dominant / tous castrés"
NB: Je vous transmettrai sur demande les références des articles cités

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